Le stage passeport bleu se déroule cette fois-ci à Ceillac, dans le magnifique massif du Queyras. Le premier jour est plutôt théorique, les stagiaires peuvent ainsi se remémorer ou même découvrir les joies de la recherche de victimes en avalanche, les techniques de sauvetage en crevasse, tout ça au refuge des Cimes.
Deuxième jour, au grand malheur de Hugues qui préférerait dormir, il fait grand beau sur Ceillac. Après une petite mise en jambe, toute l’équipe enfin au complet pour la première fois, s’engage dans la cascade du Y. Le stage cascade de glace n’est pas trop loin, les réflexes reviennent vite, les broches se vissent, les piolets ancrent..ou pas, et les crampons cramponnent… La cascade du Y, 250 mètres dans le 3+, est ludique, pas trop technique, juste ce qu’il fallait pour être au sommet vers midi. Après une courte descente par le GR, nous voici au bas de Sombre Héros, une autre cascade plus technique dans le 5. Le but n’est pas cette fois-ci de la gravir, mais plutôt de faire des manip sur le replat au bas de la deuxième longueur. Ambiance garantie, un immense cigare glacé surplombe le tout.
Après un repas bien mérité, voire un peu tardif pour certains, un petit chocolat et c’est parti pour les remontées sur corde, mouflage au stromboli, abalakov et autres curiosités alpines.

Benjamin nous délecte d’une superbe longueur avec départ en dry tooling, ce qui consiste à troquer chaussons et magnésie contre crampons et piolets sur le rocher. La voie se poursuit par une jolie traversée sur le cigare. Les bras fatiguent vite sur la glace raide, le vol n’est pas loin, l’émotion est garantie !

Bien vite l’appel de la bière se fait ressentir et nous revoilà au refuge douillet des Cimes, pour un petit concert improvisé donné par la gardienne, Hugues et une amie !
Au programme du troisième jour : le groupe trop nombreux se divise en deux. Les plus acharnés projettent de s’engager dans Les Formes du Chaos, 300 mètres en 4, qui n’est en fait pas du tout en condition, pour finalement gravir la jolie Sombre Héros de la veille, et enchaîner sur une cascade de 70 mètres en 3, Easy Rider. Le groupe des plus tranquilles, de son côté, gravit uniquement Easy Rider, jolie cascade dans une profonde et étroite gorge.
L’après-midi doit nous permettre de valider la recherche d’un Appareil de Recherche de Victimes en Avalanche (ARVA) en 5 minutes, en condition réelle : Hugues délimite une zone d’avalanche, nous partons du haut et devons grâce au signal retrouver l’ARVA caché le plus vite possible. C’est le moment de préciser la recherche finale en adoptant une stratégie bien définie. Pour certains, la stratégie semble toutefois quelque peu originale.

Le soir, bien au chaud au refuge, après une douche fortement nécessaire, Hugues et Jade nous remettent au travail devant les cartes : le but est de déterminer le choix le plus judicieux pour la course en ski de randonnée du lendemain, grâce au bulletin de risque d’avalanche. Définir un tracé en fonction des zones à risque, lire les courbes de niveaux, estimer la raideur de la pente, autant d’informations précieuses pour bien préparer sa course.
Au matin du quatrième jour, un magnifique soleil nous attend déjà depuis longtemps lorsque nous sommes enfin prêts. Nous voici, grands alpinistes harnachés de baudriers, broches, crampons, casques, piolets qui commencent à inquiéter la foule, devant les remontées mécaniques pour négocier un tarif avantageux. Mais les vendeurs de Ceillac sont difficiles en affaires… Malgré tout, nous arrivons enfin au sommet du téléski qui nous permet de rejoindre sans difficulté le lac de Sainte Anne, à 2483 mètres.

La vue est magnifique : un superbe lac gelé entouré de montagnes ! En plus d’être joli, le lac a l’avantage de pouvoir simuler les crevasses sur ses rivages. Il nous faut en effet valider maintenant la technique du mouflage dit du mariner double avec son superbe “stromboli”. Deux par deux, l’un choisit de se jeter dans le gouffre tandis que l’autre doit résister tant bien que mal, installer un corps mort pour se décharger du poids de son lourd compagnon, et enfin faire un mouflage, c’est à dire le remonter à l’aide d’une poulie-bloqueur, de bloqueurs complémentaires, et bien-sûr du mystérieux stromboli dont personne n’a encore réussi à percer le secret. Le soleil tape fort, trop fort sûrement car certains commencent à lâcher prise.

Quelques autres techniques, parmi lesquelles l’assurage dynamique d’un premier à l’épaule, l’assurage au piolet du second pour passer une rimaye, et nous voici repartis pour la ballade en ski de rando, environ 500 mètres de dénivelé pour atteindre la Tête de Girardin à 2875m.

Après quelques efforts et beaucoup de conversions, la vue est sublime au sommet…

Mais le véritable effort de la journée est finalement la descente à ski qui se révèle être plus coriace que prévu : dans la neige changeante, impossible de prévoir ce qu’on va avoir sous le ski ! Les virages se finissent trop souvent en roulé boulé, plaisir avec la neige, comme dirait Jade…

Enfin après tous ces efforts, retour au bar aux alentours de 18h, pour une petite bière bien méritée, un débriefing et bilan du week end, et c’est déjà l’heure du départ pour certains…
La question qui reste en suspens est bien-sûr la suivante : le stromboli est-il un volcan sicilien, une sorte de roulé à la viande ou des rochers constitués de fossiles ???
Les deux jours suivants, l’équipe réduit un peu ses effectifs : nous ne serons plus que cinq pour les deux jours suivants, deux jours plutôt orientés ski-alpinisme. Au programme du lundi, une belle rando au col albert et passage par le sommet voisin. 1400m de dénivelé vite avalé, pas technique, et peu exposé : la chaleur permanente des derniers jours fait très mal au versants sud, les avalanches de fonte emportent toute la couche de neige restante. Descente en neige molle et retour pour une dernière nuit au refuge de la cime (très bonne adresse pour passer quelques jours à Ceillac, soit dit en passant…).
Le lendemain, nous profitons de la météo toujours stable pour monter à la Petite Part (3144m, un sommet voisin du pic de la Font Sancte) par son couloir N. La gardienne du refuge, Hélène, est de la partie ! C’est un plaisir de la voir parmi nous en montagne et aussi une manière de la remercier de son accueil chaleureux. Belle approche au dessus du lac Ste Anne, belle ambiance dans le couloir (150m à 45°), neige facilitant la progression, l’équipe a cependant un peu de mal à progresser vite…

La fatigue des jours d’avant se fait sentir et nous prenons conscience de l’importance de travailler l’efficacité dans les manips… Pique-nique au sommet. Puis redescente dans la combe E de la Petite Part : court passage raide et étroit en neige dure et… poudreuse au rendez-vous !! La plus belle descente depuis le début du séjour se termine à la terrasse du refuge de la cime avec bière au génépi et gâteau au chocolat. Des images gravées plein les yeux et des ambiances ancrées plein les têtes, le retour sur Montpellier n’est pas trop tardif … jusqu’à mi-avril !
