ERJA FFME Languedoc

Le blog de l'Équipe Régionale Jeunes Alpinistes du Languedoc Roussillon

Stage perfectionnement cascade 11-14/02/2012

Nous partîmes 5 et par un prompt renfort, nous nous vîmes 7 en arrivant au bar.



   Départ vendredi soir de Montpellier en équipe réduite : Florence, Florian et Valentin avalent les 400 bornes qui les séparent d’Argentière-la-bessée. Le Kangoo est blindé de matos de cascade et de ski de rando, dans le lointain résonne l’irrésistible appel du glaçon. Les broches sont affutées , ça va cogner !


   Samedi 11 : Avec les encadrants Hugo Bonnel et Jade Zaouit, ils sont 5. Cet effectif réduit permet de se lancer à l’assaut d’un itinéraire un peu plus long et raide que les cascades-écoles du stage initiation. “Beating the retreat”, vallon du Fournel, 5-6 longueurs dont plusieurs sections à 85-90°. Une bonne remise en jambe pour l’équipe, un peu raide, mais bon… pas tant vu que Florian s’enfile les 5 longueurs en tête. Les mollets fument, les avant-bras aussi. Et surprise du chef, Hugues se retrouve avec une plaque à vent entre les deux ancrages de piolets sur la pente de sortie. Toute la plaque s’effondre et dégringole d’un coup. Coup de chaud, heureusement Hugues garde l’équilibre et ne part pas avec. Par contre, semoule glacée dans la figure ou le col de la gore-tex pour tous ceux qui sont en dessous. Regroupement victorieux au relais de sortie, puis descente en rappel à la frontale, tout sur abalakov bien sur.

   Pendant ce temps, Yoann et Damien fouettent la clio blindée de matos elle aussi, pour rejoindre l’équipe au gîte de l’Argentière. La nuit tombe avant le retour de la cordée. Sont-ils au bar ou encore dans la cascade ? Finalement, les 5 grimpeurs fatigués, froids et humides rentrent appelant à la soupe et la douche chaude. Un bon repas à base de croziflette et tout le monde au plumard.



   Dimanche 12 :
Les 7 grimpeurs repartent pour une cascade moins soutenue sur un torrent qui domine Argentière. Les mollets tirent, les bras aussi, il faut tenir les 4 jours. La “Conduite forcée” offre 2 beaux murs, un superbe cigare un peu raide et du ruisseling pour maniper, prendre et enlever des anneaux, passer de corde tendue à “corde serrée” (traduction sétoise de la progression en laisse). Le bon compromis pour ne pas exploser physiquement, mais avaler des profils variés et réviser les manips. Les cordées tournent, tout le monde passe au brochage en tête. En redescendant, comme il est tôt, l’équipe s’arrête au pied du cigare et s’essaie au dry tooling sur la ligne spitée qui s’élève à droite. Et c’est parti pour 1h de crochetages qui ripent, de crampons qui crissent (nos dents aussi d’ailleurs : les pointes sont neuves, poutane !) et de blocages infâmes bras fermé, crispé sur les engins pour aller crocheter la prochaine réglette moche. Nan mais en vrai c’est marrant le dry. C’est juste que c’est un peu particulier l’adhérence en crampon.



   Lundi 13 : Retour au fond du vallon du Fournel, l’équipe se scinde en deux pour être plus efficace dans les longueurs. Florian, Yoan, Valentin et Jade partent dans « Bisounours » (4). Florence, Hugues et Damien dans « Œil de tortue » (3+). Bisounours sort sur des pentes de neige où il faut ressortir les techniques alpines : relais sur corps mort, assurage à l’épaule avant la descente en deux rappels et un couloir à 40°. Côté Œil de tortue, le soleil tape sur la cascade. Il fait trop chaud et la cascade est surplombée par un rideau de glaçons ! Après une longue longueur en tête et un relais sur quatre broches dans du sorbet fondant, Damien, en nage, passe la tête à Hugues pour la sortie dans les pentes de neige plaquées. Florence et Damien, au relais, rentrent la tête sous les seaux de semoule glacée que Hugues envoie du haut, brassant jusqu’aux épaules dans les gobelets enfouis sous la neige plaquée de sortie. Du relais sur un mélèze, enfin à l’abri des glaçons qui pendent à droite, la sortie n’a pas l’air en condition : une cloche de glace fragile et fondante sur un rocher péteux, pour une dernière petite longueur pas majeure, peut-être d’autres pentes de neige plaquée au-dessus… Désarmorçant vaillament les pièges sournois de l’inconscient, la cordée décide de faire demi-tour et pique deux rappels jusqu’au pied. Deux moulinettes sur des draperies de glace fine, un peu plus bas dans le vallon viendront avantageusement remplacer cette dernière longueur foireuse.



   Mardi 14 : Dernier jour de stage. L’équipe est un peu usée. Il fait beau, il y a de la neige : ski de rando !! Récompense des efforts des jours passés. Départ des Roux (Queyras) pour la crête de Gardiole. Choix d’itinéraire, sondages de neige, mesure d’angle de pente, analyse des risques, points de décision : travaux pratiques préparatoires au stage passeport neige et glace de mars sous le soleil. On est mieux là qu’en amphi, pas vrai Val ? Premières conversions en équipe. Flo et Yoann se mettent une petite bourre pour atteindre le sommet en premier. C’est le moment de l’interview collectif pour la caméra de Jade et le pique-nique plantureux de l’équipe au sommet.

   On resserre les chaussures, bloque les fixations et c’est parti pour la descente en face nord. Premier virages dans une neige un peu croûtée, puis de belles pentes de poudre !! On tire une grande traversée vers l’ouest et retour aux bagnoles vers 15h. Il reste un peu de jour : cascade artificielle d’Aiguilles ou bières au troquet ? Cruel dilemme pour Hugues et Yoan, pas trop pour le reste de l’équipe qui milite pour une mousse à Abriès. Après cette étape nécessaire, une courte visite à la cascade artificielle, unique dans le Queyras pour voir la tête que ça a, et retour à Montpellier. Dans le lointain le soleil se couche, et se fait entendre l’appel lancinant de la douche.



· 13/3/12 · Reblog