ERJA FFME Languedoc

Le blog de l'Équipe Régionale Jeunes Alpinistes du Languedoc Roussillon

Chamonix-Mont-Blanc : Classics

   Avec un départ de Montpellier le vendredi soir, l’arrivée à Chamonix se fait sur le coup 23h. Plus précisément, arrivée à côté de la DZ des bois, terrain de jeu des pilotes du PGHM et de la Sécurité civile. Nous ne sommes pas là pour faire un tour en hélico, juste retrouver Jade et Arnaud et passer la nuit dans un coin peinard… un coin où seulement quelques atterrissages pendant la nuit nous ferons sauter au plafond de la tente. Oo


   Au réveil, la préparation du sac est longue : pour cause, on part pour deux nuits en bivouac sur le glacier du géant, à 3600m d’altitude. À côté, c’est la journée portes ouvertes du secours en montagne : démo d’hélitreuillage, hélicos en exposition, stand d’explication de tout ce qui attrait au secours, etc… Une demi-heure de discussion avec l’ingénieur de Turboméca sur la double turbine du nouvel EC145 qui nous a réveillé cette nuit..et c’est parti !




   Montage à l’aiguille du midi par le téléphérique, cri de japonais au passage de pylône, sac de 20kg sur le dos, descente de l’arête E sur le glacier, installation du bivouac sur le plateau du géant : check ! Cet après-midi, c’est voie Rébuffat-Baquet sur le pilier Sud-Est de l’aiguille du midi. La signature du maître est une ligne très bien calculée dans un granit compact extraordinaire, une voie soutenue et variée à la fois, un gaz à couper le souffle pour seulement 200m de voie, une ambiance haute-montagne garantie, et sans la foule caractéristique du lieu en raison de l’heure tardive. Ce premier jour est déjà magique lorsque le soleil tombe sur le campement. Les réchauds marchent (ou pas..), la neige fond pour faire de l’eau, le diner se prépare, le froid tombe, et les duvets ne se font pas attendre !




   La nuit est magnifique dans un endroit pareil, même si il ne fait jamais vraiment nuit. Réveil 5h. Départ pour la goulotte Chéré, une classique tout proche qui monte à droite dans le triangle du Tacul. D’abord un franchissement de rimaye une pente à 45°, puis la glace (trois raidillons à 80° entrecoupé de 60°), peu de monde (on a réussi à s’intercaler entre le guide venant du refuge et la première benne en arrivance de Cham’), la glace est facile et bien fournie en ce début de saison, pas mal de neige sur le rocher, mais on protège en broches comme en friends ! La redescente se fait en rappel car la descente à pied par la voie normale du Tacul n’est pas conseillée en cette saison.




   Aprem pépère au campement, la chaleur y est accablante et seule la bonne sieste sous la tente est vraiment réparatrice. Rencontre avec deux skieurs de rando revenant de la Tour ronde, ils finissent par nous léguer un paquet de figolu récupéré dans le couloir Gervasuti où une cordée a dévissé ce matin, apparemment ils sont en mauvais état après leur longue glissade… Le soir, la cartouche nous lâche, on est en rade de gaz, on mange le pique-nique du lendemain, coulis de tomate en apéro, eau-pain-saucisson au menu, on prévoira mieux le gaz la prochaine fois…


   Lundi : Lever de soleil paradisiaque à 5h30…




   Aujourd’hui, on plie le campement et on décolle pour l’arête des cosmiques. Course AD, fréquentée, mais avec 20kg sur le dos ^^

Attaque sous les nuages (on s’en va au bon moment), et même un peu de neige sur l’arête. Les passages mixtes s’enchaînent bien, gros cafouillage au rappel (on se fait dépassé), puis on reprend de l’allure. granit très fiable, coinceur béton, petit passage en neige expo, tout se déroule sans encombre et tout le monde se fait plaisir. Le bastion final est très beau, d’abord une belle grimpe granitique en crampon puis une traversée versant nord (très belle ambiance), et une remontée en mixte sur deux longueurs. Cette course non plus n’est pas une classique pour rien !!








   Arrivée à la terrasse. Redescente sur terre. On a beau être au point le plus haut des trois jours, on a jamais eu l’impression d’être tombé si bas : les japonais nous mitraille, prenne des photos avec nous, la cordée derrière nous se fait applaudir, heureusement qu’il est interdit de donner à manger aux alpinistes… La redescente n’est pas climatisée, 30°C à Chamonix ça terrasse ! Retour sur Montpellier la tête pleine de belles images comme d’habitude…


   Prochaine étape : une ou deux semaines dans les Écrins avec le stage initiateur à la clé !


· 27/6/12 · Reblog